lundi 26 juillet 2010
ROMANEE COUNTEEZ « From the graveyard of all ambitions » (CD, S.O.A.F Rds) Après avoir mit une baffe à tous les aficionados avec un premier album qui a fait l’effet d’une bombe dans le petit monde ronronnant du Garage Sixties, les Romanee Counteez jouaient très gros avec ce deuxième LP. Et pendant un long moment j’ai pensé qu’ils avaient été victime de ‘la malédiction du deuxième album’. Mais il n’en est rien ! Juste les Romanee Counteez ont prit le risque de ne pas réciter la recette qui avait si parfaitement fonctionnée sur leur premier long jeu. Ils se sont lancés dans un disque plus ambitieux, moins basic & sauvage, plus groove avec plus d’âme (de Soul, voyez ?). Allant parfois jusqu’à sonner lounge 50’s ou Boogaloo maladif sur certaines parties… De plus la production fait le pari d’un son moins but et clinquant que sur le premier. Après avoir pris en pleine face leur premier effort, le choc de ce deuxième album différent est presque aussi brutal. Et de la quasi ‘déception’ ressentie lors des premières écoutes il ne reste rien. Car un jour j’ai eu la révélation et ça c’est débloqué dans mes oreilles et mon cerveau. Depuis je suis très attaché à cet album ! Plus profond, moins guilleret (son titre « From the graveyard of all ambitions » ne vous emmène pas sur des fausses pistes), audacieux et réussit… une ambition comme on en voit peu finalement pour un deuxième album.
Construit avec et autour d’orgues divers et variés avec des sonorités riches et bien chaleureuses ce deuxième album des Romanee Counteez mérite plus qu’une écoute distraite ! Beaucoup plus !!
http://www.myspace.com/theromaneeco...
********** FUCKED UP « Couple tracks (singles 2002-2009) » (2CD ou 2LP, Matador Rds)
Pour dire le vrai ça fait un bout de temps que j’ai lâché l’affaire en matière de Hard Core, voilà pourquoi j’ai pas vu venir les Fucked Up. Et : WHAOOOO !!! Il est clair que des découvertes comme celle là il n’y en a pas tous les matins.
Très ingénieux (sûrement trop pour certains) et picorant de ci (Poison Idea, un grand groupe souvent oublié), de là (Wipers, Cosmic Psycho) et ailleurs aussi : un peu de Post Hc, un truc un peu Crust dans les guitares parfois, d’autre fois elles peuvent sonner Punk anglais deuxième vague (GBH, ou pourquoi pas aussi faire comme une version modernisée de Cock Sparrer ?), avec un fantôme de Sludge… Malgré tout et sans avoir les stigmates du Fast Core, parfois ça avoine, mais jamais ça ne reste bloqué sur un seul tempo…
Les Fucked Up (quand même quel bon nom) ça secoue donc, mais ils sont aussi capable de faire une reprise des Shop Assistants, et aussi de calmer le jeu (mais pas longtemps c’est du Hc quand même). Surtout cette compil de singles, raretés, titres donnés pour des compil…est très homogène alors qu’il y a au total 25 chansons répartit sur 2 CD ce qui représente 72 mn de musique qui retrace une partie des 7 ans de carrière du sextet de Toronto. Le livret de 16 pages présente chaque chanson, de façon clean, claire et dépouillée. Après je comprends pourquoi les intégristes du Hard Core ne les aiment pas beaucoup. Trop Indie et pas assez underground, punk à chien, crade, clichés pour être des True One.
Cependant il me semble important de rappeler qu’on a été très très nombreux à découvrir le Punk grâce à des groupes qui avaient du succès et donc transcendaient une scène militante qui est fermée sur elle-même (malgré ses discours). A titre personnel je suis tombé dedans grâce à mon oncle qui était un fan de Rock Prog allemand pénible (pléonasme) mais avait quand même dans sa discothèque les Sex Pistols et le MC5. Ensuite la vraie découverte de l’activisme, puis du DIY… ce fut par la lecture d’un papier sur les Bérus dans Best… donc je pense que c’est une chose fondamentale pour ‘la scène’ que des groupes soient capables de sauter pardessus certaines barrières (médiatique, mentales…) pour allé toucher au-delà du Die Hard fan ! Une putain de compil ! Donc ! Que je me trimballe depuis plus de 6 mois et qui m’emballe toujours. Maintenant ma quête c’est de trouver un de leur album… Il y en a un tout chaud chez Matador Rds !. En tout cas les Fucked Up m’ont donnés envie d’écouter ce qui se fait actuellement en matière de Hc… rendre les gens curieux n’est-ce pas là le but de toute expression artistique ? Oui je sais, penser comme cela fait de moi une sale bobo vendu, soc-dem, pourri par le Grand Capital. So what ?
http://www.matadorrecords.com/
http://lookingforgold.blogspot.com/
*********** BAD SIAM CAT « Are you superstitious ? » (CD, Cities On Flame Rds)
Le power trio lyonnais sort son premier album, comme d’autres sortent la shlag !
Ce qui frappe (et fort) de prime abord c’est le gros son de ce disque. Un son massif et gras. Mais le bon gras, celui qu’on aime, celui qui fait du bien aux oreilles !
En plus, et malgré la formule du trio qui peut sembler limitative les Bad Siam Cat apportent quelque chose à chaque chanson. Pas forcément des arrangements énormes, mais qui tombent à pic. Par exemple le tambourin sur ‘The more U sweat’ immédiatement après le mini pont ça tape juste ! Comme la structuration de cet album est bien maîtrisée : un morceau plus ‘aéré’ et mélodique après 3 qui massent, ça maintient l’auditeur concentré sur l’ensemble de ces 10 titres.
Un album qui aussi vieillit bien. Je l’ai en ma possession depuis plus d’un mois et je l’ai régulièrement écouté, et, c’est maintenant au moment où je tape ces lignes que j’ai une révélation concernant la chanson d’ouverture, que jusque là j’avais trouvé un peu en dessous des autres, alors que je sais maintenant qu’il n’en est rien ! En tout cas les Bad Siam Cat peuvent être fier de leur premier album. Et ils le seront encore longtemps car c’est une belle réussite.
Je pense que suite à ce disque ils vont essayer de tourner beaucoup. On devrait même avoir une chance de les voir à Grenoble, où ils pourraient faire un arrêt prolongé, le temps de sortir un split Ep…
Ah oui, vous voulez que je situe leur musique : prenez les New Christs ajoutez Mötörhead sans le côté Oz Rock de l’un ni le côté Hard Rock de l’autre, le tout passablement modernisé, et vous n’aurez qu’une idée incomplète du style des Bad Siam Cat. Voyez pas ? Achetez ce disque : vous entendrez !
http://www.myspace.com/badsiamcatfrance
*********** T. REX « Tanx » (2CD, Rhino)
Nous sommes à la fin de 1972, alors que la T Rex mania brille de ces derniers feux (mais que ceux-ci sont encore incroyablement brillants : une série de n°1 des charts du Royaume Unis inédite depuis les Beatles à déclenché une folie furieuse chez les ado et pré-ado du pays, et particulièrement chez les filles), et Marc Bolan est un peu coincé au milieu de plusieurs feux :
* Il faut continuer à exploiter ce succès commercial insensé. Donc il sort encore des singles (qui ne sont pas sur les albums, ça parait incroyable de nos jours, mais à l’époque en plus d’un album par an il sortait 3 voir 4 singles inédits dans année) qui sont considérés comme de relatifs échecs commerciaux puisqu’ils n’atteignent que la 2ème et la 3ème place des charts.
* Se dépêcher d’enregistrer un nouvel album avant que le soufflé ne retombe, alors que pour la première fois de sa déjà longue carrière il n’a ni composition d’avance, ni d’idée de direction musicale.
* Faire encore et toujours des concerts pour engranger du cash (Bolan ayant toujours eu la réputation d’être pingre). Et essayer d’exporter ce succès en tournant aux Usa (sans succès).
* Editer et sortir un film pas mal mégalo (dirigé par Ringo Star) sur cette T Rex mania, ayant pour base un concert (modestement) donné à Wembley !
* Essayer de gérer sa sur consommation de dope et sa paranoïa.
* Et, surtout, montrer à tous (les critiques et les rockers sérieux) qu’il est bien plus qu’un chanteur pour pisseuses !
* Enfin mettre à l’amende tous ceux que son succès à précipité sous les spots light du Glam Rock : Sweet, David Bowie, Gary Glitter…pour prouver que le Boss c’est lui !
« Tanx » donc, se sera des sessions d’enregistrement qui seront fractionné entre les concerts, tournées, émissions de télé… alors que Marc Bolan qui est le seul compositeur de son groupe semble sec en inspiration. En plein doute. Et qu’en plus sa mégalomanie fait qu’il à envie de tester tous les effets qui viennent d’apparaître au studio pour produire un album (nouveau) riche. Bref l’ambiance est bizarre pour cet enregistrement, loin du côté assuré et en forme de blitz des précédents… Résultat, un disque mal aimé. Mais qui m’éclate terrible. Evident. Putassier. M’as-tu vu. Catchy. Macho. Vulgaire. Racoleur. Infatué… voilà comment on devrait vraiment qualifier « Tanx ». Sauf que pour cet album se sont des qualités ! Putain c’est juste le pied ces 13 chansons. De la joie de vivre comprimé sur un CD. Evidement pour aimer ça il ne faut pas craindre de rêver un monde chantilly. Mais c’est du Glitter Rock bordel ! Remuez-vous ! Ça n’est pas de la techno minimale allemande, tant mieux ! Cette réédition bénéficie d’un travail formidable comme ils savent le faire chez Rhino : deux CDs, dont un est consacré à des versions démo ou acoustiques, pour le côté work in progress qui est habituel à ces coffrets deluxe.
Et puis, surtout avec l’album original ont été rajouté les singles sortit en parallèle fin 1972 et début 1973, excusez du peu : « Children of the Revolution » (et son RIFF) ; « Solid gold easy action » (là t’es mort, Baby) et « 20th century boy » (si tu l’as pas dans ta discothèque j’te parle plus, sinon ‘I wanna be your toy’).
Voilà, voilà, comment dire ? Ah oui : B O N H E U R
*********** SLIME Zine (slimefanzine@yahoo.fr)
Slime Zine c’est pour ceux qui aiment : Rock, Blues, Rock’n’Roll, Rockabilly, Punk Rock, Garage, Sixties, Surf , Glam, Sleaze Rock, Hard Rock, les séries B fauchées, les livres… tout une sous culture défendu avec joie dans ces pages à travers plein plein de chroniques et aussi à travers des tour report ou des interviews :
SLIME Zine N° 1 : 46 pages A5, 3 euros port compris, au sommaire : interview de Dusty Watson (le batteur de centaine de groupe dont : Agent Orange, Dick Dale...) et des Hellbats un trio qui sait comment envoyer le bois ! Et The Irradiates (Surf instru, énorme) qui signent un tour report.
SLIME Zine N°2 : 60 pages A5, 4 euros port compris, au sommaire : interview du légendaire Jeff Dahl, de George Hurchalla l’auteur du bouquin ‘Going Underground’ qui raconte une histoire du Punk / Hc américain, (et qui est publié en français) et des Barbarellatones (du Glam Rock).
Sobre et clair, bien écrit, avec une bonne reproduction des photos. Slime Zine place la barre très haute ! Donc le N°3 est annoncé pour novembre 2010 et ça me fait gratter le sol comme un taureau en manque.
Pour vous le procurer : http://slime.fr/
********** DENIS ROBERT « La domination du monde » (Point) VERTIGINEUX ! A plus d’un titre. C’est un livre écrit sur un livre qui raconte les recherches et l’écriture d’un livre enquête sur ‘Clearstream’ (toutes les allusions contenues dans ce roman sont transparentes, et il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste de quoique se soit pour toutes les comprendre, même celle qui fait du titre de ce livre un double sens). Vertigineux aussi par les ramifications de cette lessiveuse à argent (le plus souvent sale ou au moins suspect) du capitalisme ultra libéral et financier mondial. Par la corruption généralisée des mentalités, par les lâchetés quotidiennes que nous consentons à ceux qui alimentent cette lessiveuse, pas l’ampleur de ce fric louche dans le fonctionnement du monde tel qu’il est, et, par les conséquences que ça a. C’est aussi un cri de dégoût et de déception vis-à-vis des humains (si faiblement humain) que nous sommes qu’écrit Denis Robert (presque tout le début du roman) avec des mots qui remuent la conscience. Le problème étant : quoi faire après ? Qui le sait ? A nous de réfléchir individuellement, puis collectivement… et c’est là le gros problème ! Quel contre poids existe-t-il encore face à la délinquance généralisée des cols blancs ? Ça aussi c’est une des questions posées par ce roman.
Alors c’est un roman, mais il n’y a pas de mystère sur son sujet. Ce n’est pas un règlement de compte mais une autre façon de raconter la même histoire pour toucher un autre type de lecteur, tenter d’éveiller d’autres consciences… Comme le second personnage du livre qui raconte sous forme de fiction le livre enquête du premier, après avoir enfin comprit la portée de celui-ci. Peut-être aussi le but est de pouvoir toucher certains médias qui ont fait barrage au livre enquête ‘Clearstream’… Cela dit, en période de sarkosysme aigue et de domination des médias par les frères du président (ah la Famille… !) ça n’est pas gagné. Une chose est sûre, les nouvelles modifications annoncées des règles en vigueur dans les médias ne vont pas aller dans le sens du pluralisme, de la déconcentration ou de la démocratisation de l’info ! Avec « La domination du monde » Denis Robert, essaye (et réussit) de trouver un autre moyen de gratter notre conscience. Il réussit surtout un excellent roman (ce qui sans ça aurait desservit son propos) avec une construction atypique, pour raconter une histoire singulière. Un GRAND roman, ne passez pas à côté.
Bertrand Tappaz