lundi 13 septembre 2010
HEROIN SHEIKS « Out of Africa » (CD, Reptillian Rds)
Comme ces derniers temps je suis beaucoup tombé amoureux d’albums j’étai un peu inquiet par rapport à ma réputation de sale râleur… mais d’une part il y a plein de disques que je rejette toujours irrémédiablement (et dont je vous épargne les commentaires) et d’autre part il est des disques qu’il faut que j’écoute encore et encore, et encore, et encore avant de rentrer dedans.
C’est le cas du troisième album des Heroin Sheiks (avant un dernier en 2007 sortit chez Amphetamine Reptile), et s’il ne m’avait pas été conseillé chaudement par mon cousin le plus compétent en matière de musique qui vous nettoie les neurones à la pince à épilée, je n’aura pas autant insisté. Et je serai bêtement passé à côté d’un super album !
Dans un registre qui rappel un peu les inoubliables LARD (ce qui j’en ai conscience place la barre très haute) les Heroin Sheiks ont pondus 11 titres (+ un caché) barrés et turbulents. Avec un esprit aventureux qui ne s’exprime pas au détriment de l’intensité.
Dans leur musique les Heroin Sheiks ajoutent pas mal d’instruments qu’on à pas l’habitude d’entendre chez un groupe estampillé Noise / Hc : trompette, claviers, et divers bidouillages et zigoui goui electronico bricolé. Mais sans en faire trop et que ça devienne un système, ou indigeste. Et en plus ils sont capables de jouer sur un groove élastique qu’on ne retrouve pas habituellement dans cette scène. Bref ils sont un peu en marge et c’est ce qui rend cet album délectable et surtout ce qui permet d’en apprécier de nombreuses réécoutes !
********* ROBYN HITCHCOCK & the Venus 3 « Olé ! Tarentula » (Yep Roc Rds)
La chanson d’ouverture plie la gaule, et rappel à quel point Robin Hitchcock est un GRAND ! Power Pop + psyché comme seul lui sait le faire (avec légèreté et class), plus un côté folk sous jacent. Des influences sixties assumées, et, SA VOIX. Bref en moins de 4mn j’étais amoureux de cet album.
Si cette première chanson est la meilleure du disque, d’autres, plutôt beaucoup, égalisent cette performance ! Un petite fragrance 80 (dans l’acceptation que les Cars, Joe Jackson et dans une certaine mesure, Costello, l’ont donnés, notamment au travers de l’utilisation pointilliste du saxo) vient nourrir le style perso de Robin Hitchcock. Qu’il développe lui-même depuis les génialissimes et sous estimés Soft Boys (réédités par le même label), et au travers de sa carrière solo.
J’ai eu une riche idée d’emprunter cet album de 2007 à la médiathèque du centre ville… En plus il colle bien à ce moment de l’année. Mais je suis sûr qu’au cœur de février il en serait de même.
Pour la promo de son nouvel album « Propellor times » (qui vient de sortir chez Yep Roc Rds http://www.yeproc.com/) il sera en tournée en Europe en octobre (3 dates en Italie, 0 en France !!!!)
Pas mal de trucs en téléchargements légal sur son site, des collaborations et des versions inédites. http://www.robynhitchcock.com/
********* KALY LIVE DUB « Lightin’ the shadows » (CD, Jarring Effects Label)
Pour ceux qui ne me connaissent que comme le gars qui fait Voix de Garage ça peut vous surprendre, mais je suis très fan de Dub Electro. Et comme les groupes français sont parmi les meilleurs du monde (en tout cas en pointe dans ce sous genre qu’ils ont contribué à créer) c’est assez facile de suivre l’actu du mouvement.
Voici le cinquième album de Kaly Live Dub, un double qui plus est, avec 15 titres au programme. Un vrai défis ! Et une putain de réussite !!
Réussissant l’exploit de vraiment garder le meilleur du Dub roots et de le mélanger avec plein de trucs venant des musiques qui se créent avec et autour du matos électronique. Sur ce nouvel album Kaly Live Dub prend partout avec style : Electro Hip Hop sombre (avec le même talent que Dälek), Trip Hop, Reggae (mais si du bon ça existe), musiques de films (ils créent une sorte de bande son pour western spaghetti des années 2010).
Un CD en deux parties, la deuxième plus clairement roots Dub bien fendu du crâne quand même. Dansante, quasi ensoleillée. Alors que les 8 premiers titres sont bien dans une ambiance urbaine, sombre, lente et profonde ! Avec brisure de rythmes, de grooves, breaks et autres changements qui renforce la densité de la musique de Kaly Live Dub.
Bref le titre de cet album dit bien à quelle sauce vous allez être mangés. Et c’est de la bonne, bébé !
En concert Jeudi 4 Novembre : KALY LIVE DUB (Dub Electro), à l’Ampérage, à Grenoble http://adaep.apinc.org et une grosse tournée en France pour la sortie de l’album http://www.myspace.com/kalylivedub
http://www.jarringeffects.net/fr
********* STORNOWAY « Breachcommer’s windowsill » (CD, 4AD)
Voilà un groupe dont je n’avais jamais entendu parlé, mais on va en manger un peu dans les prochaines semaines, puisqu’ils seront sur le festival des Inrocks. Indie Pop post Tindersticks / Arcade Fire très 2010’s way. Un peu folk avec une petite touche (vraiment petite rassurez vous) de trucs genre Waterboys. De beaux arrangements qui créent de la profondeur à ces chansons qui portent une voix qui sans efforts se pose là-dessus comme s’il ne pouvait en être autrement ! Et pas de moments faible sur cet album. Si Stornoway se mettait à avoir un peu de succès ça ne serait pas immérité, et on aurait même le droit d’y prendre plaisir !
http://www.myspace.com/stornoway
********* Chris Haslam « Alligator strip » (Editions du Masque)
Depuis qu’ils ont élargie leur catalogue à autre chose qu’aux reines du suspense et le roman à énigmes, je reprends plaisir à lire, de nouveau des bouquins publiés au Masque. Comme souvent la couverture a attirée mon regard. Ce qui est son but. Et là, entre le bandeau du titre et les couleurs particulières qui sont sur la photo qui orne ce « Alligator strip » de Chris Haslam, je dois dire que le mélange est réussit. Le titre du roman étant intriguant également, et l’auteur anglais, je sautais dessus. En 324 pages Haslam narre une escroquerie et une histoire d’amour plus ou moins raté se passant pour partie dans un camp de caravanes de rednecks au fin fond du Sud profond. Arnaques à tous les étages. La drogue et la paranoïa jouent un rôle secondaire mais pas négligeable dans l’intrigue. La phrase de l’auteur réussit souvent à se faire venimeuse comme un serpent des Everglades. Ce qui plonge bien dans l’intrigue, et, maintient la tête sous l’eau. Sans être le meilleur roman de tous les temps « Alligator strip » donne bien du plaisir de lecteur / lecture. C’est pas si mal, non ?
Bertrand Tappaz