dimanche 27 juin 2010
MALE BONDING « Nothing hurts » (CD, Sub Pop) Ça devait finir par arriver, je suis en panne pour définir cette musique ! Non pas que cet album soit mauvais. Au contraire, c’est une des très très belles surprises de ce premier semestre. Juste, à son écoute il ne me vient ni qualificatifs, ni noms évidents à vous donner pour raconter de façon claire Male Bonding. C’est tellement rare qu’il faut le noter.
Bon comme il faut quand même circonvenir le périmètre de jeu de ce très jeune trio de la banlieue londonienne, je dirais : 90’s Indie Pop Noisy, parfois frénétique. Des chansons courtes qui se répondent ou s’affrontent au sein de l’album comme semble le prouvé le fait que certaines sont enchaînées. A la première écoute ça peu sembler brouillon, en tout cas compact de bout en bout.
Mais au fur et à mesure que cet album revient dans votre lecteur (et il y reviendra souvent croyez moi), on constate que chaque chanson est ouvragée, et placée pour être une sorte de contre point de celle qui la précède (et conséquemment de la suivante). Ce qui donne un disque super excitant à écouter. Bref, quand ce court album (13 titres en 29mn, mais ça n’est pas du Punk) se termine, l’envie de le repasser est très forte (comme celle qui vous fait finir la plaque après deux carrés de chocolat). Male Bonding avec ce premier album sort de nulle part, mais pourrait bien arriver jusqu’à vos oreilles, car franchement une telle qualité des compos, du son, de l’interprétation ça fait plaisir à entendre. Ajouter à ça une évidente excitation à jouer et de l’innocence (ce qui est devenu très rare), et vous aurez un disque qu’on DOIT avoir.
Sub Pop c’est des gens de goûts qui savent aussi bien faire le boulot, espérons qu’on aura l’opportunité de voir live Male Bonding, et écouter d’autres albums si ils sont capables de réitérer ‘l’exploit’ de ce « Nothing hurts » !
http://www.myspace.com/malebonding http://www.subpop.com/ ************
SIMON CHAINSAW « Eight times lucky – retrospective – best of 1999 – 2010” (CD, Kicking Rds) En général les compil / best of ça m’emmerde, sauf que… J’étais tombé sous le charme du dernier album en date du monsieur « Alpha Negra » (enregistré au Brésil, est dispo en exclu ici : http://www.simonchainsaw.com/) et qui consistait en une putain de bonne collection d’hymnes de Rock éternel comme le gars Simon Chainsaw le pratique : Australian Rock + Punk Pop + Grunge + un peu de Hard Rock (sans le gras) et un peu de Power Pop. Le tout mélangé dans des chansons qui ont la class des Remplacements !
Ce qui fait que finalement je suis ravi de découvrir les 15 titres de ce Best Of qui me permettent de rattraper un peu de mon retard dans la carrière du gars Simon qui est du genre prolifique. Et cette compil fait constater que Simon Chainsaw à en sa possession la pierre philosophale du Rock qui permet de composer des chansons qui tapent juste !
Bref que vous connaissiez une partie de l’œuvre de Simon Chainsaw ou que vous soyez grand débutant, cette compil sera pour vous le parfait juke-box qui vous donnera envie d’en connaître plus et de chercher le reste de sa discographie, car chaque album à l’ai terrible si on s’en réfère au dernier. Allez, la chasse est ouverte !
http://www.myspace.com/simonchainsaw http://www.kickingrecords.com/
************ TURBO FRUITS “Get Up Get On Down” (ARK Recordings) Aussi bien que leur album (dont le 1er titre est extrait + 4 chansons inédites). Voici un EP surtout fait pour être téléchargé. http://www.arkrecordings.com
Indie / Alt-Garage Rock actuel, catchy et hyper efficace. Un genre qui commence à être bien envahie, par, en plus des groupes qui on un super niveau. Turbo Fruits se situant dans le haut du panier. Certains ronchons trouveront ça aseptisé. C’est vrai que la production est claire. Très ‘radio friendly’ mais ça ne me dérange pas, au contraire, je pense que c’est ce qu’il faut à ce type de ritournelles pop dynamiques, parfois dansantes et toujours accrocheuses ! L’album de 2009 ‘Echo Kid’ sortit aussi par Ark Rds était déjà une belle collection de morceaux accrocheur. Ce Ep en est la continuation. Bien sûr ça ne révolutionnera pas votre perception de la musique. Mais voici 5 chansons savoureuses. Pourquoi bouder son plaisir ? http://www.myspace.com/turbofruits
************ DEAD POP CLUB « Home rage » (Kicking Rds / Gerilla asso / GPS Prod) Ce nouvel album des Dead Pop Club déboule comme une bombe ! Alors que je me demandais si le groupe existait encore. Et voici donc leur 4ème. Un album réussit ! Cohérent du début à la fin. Avec des titres qui parfois commencent de façon basique et très vite y apparaît un truc (mélodie, instrument supplémentaire, refrain) qui rend la chanson super attachante. L’apport du synthé / Moog sur pas mal de titres enrichie la musique, la densité, et renforcent son impact. Sur ce nouveau disque les Dead Pop Club mélangent certaines sonorités qui ont fait le meilleur des 90’s. Un peu de Power Pop un peu de grunge (pas de gras heureusement) un peu de Pop Punk, un peu d’Indie Rock, touillé à leur sauce. Si vous êtes toujours content d’écouter vos disques des Posies, Teenage Fanclub, Weezer, Rentals, Fastbacks, Redd Cross, Muffs… alors jetez vous sur ce « Home rage » car vous y attend la dose de musique comme vous aimez qu’il vous faut. Et notez bien que je ne cite pas ces groupes uniquement pour caractériser autant que faire ce peut la musique des Dead Pop Club, mais aussi parce que cet album est à la hauteur des meilleures œuvres de ces grands noms de la scène Indie !
Cependant pas moyen de confondre les Dead Pop Club avec aucun des groupes cités, ils ont une vraie personnalité. Et surtout les chansons. Bien sûr il y a une certaine dose de nostalgie dans tout ça. De leur part, et de la mienne aussi. Sauf que le résultat c’est un putain de GRAND ALBUM. Et puis finir sur des super chansons c’est forcément une bonne idée. Mais quelque soit l’ordre dans lequel vous écouté ces morceaux (de la fin vers le début, ou avec la fonction random) c’est un putain de joyeux beau disque. L’été va être top !
En résumé : un album plein de bonnes chansons, dont une poignée d’hymnes qui seront repris en chœurs lors de leur prochaine tournée des stades (enfin, bien sûr, ça se passerait comme ça dans un monde qui aurait de la class).
http://deadpopclub.free.fr/ http://www.kickingrecords.com/
************ Bruce Wagner « Toujours L.A » (Editions Sonatine, et en poche chez Point Seuil Policier) Un roman qui raconte ce qu’Hollywood a fait du, et au, conte de fée !
Je pourrais arrêter cette chronique ici et vous laisser imaginer ce qu’est ce livre. Car si il ne faut pas se fier aux apparences, il ne faut pas trop en révéler non plus. Enfin, je vais quand même vous guider un peu pour vous donner envie de lire ce bon roman. Oubliez la phrase de Brett Easton Ellis mise en exergue, et la préface de James Ellroy (tout le monde à des impôts à payer), et attaquer ce livre sans a priori. Car si Bruce Wagner moque la tendance au tout marketing du Hollywood actuel, ses éditeurs savent faire marcher l’affaire. L’auteur, qui est également scénariste pour le cinéma et la télé (un insider donc) montre l’importance du bouddhisme dans le marigot de l’industrie du divertissement américain actuellement. Ce qui pourrait ressembler à une ‘mafia de la bonne action’. En lisant ce vif et parfois drôle roman, je n’ai pas réussis à déterminer si la dénonciation des clichés bouddhistes devenus un refuge pour des petits blancs souffrant d’insécurité émotive, était due de la part de Bruce Wagner à un désir de moquer se salmigondi de philosophies prédigérées, croyances et rituels exotiques que la plupart des adeptes semblent pratiquer comme une pensée magique. Ou s’il est un de ses inquisiteurs qui pensent détenir la VRAIE croix et voient des hérétiques chez tous les autres, tant ses connaissances sur les différentes voies du bouddhisme sont vastes. Mais peut-être cela est-il dû à un excellent travail de recherche qui à en plus le bon goût de ne pas être un parasite dans la narration ! Car se roman aurait pu se perdre dans un mic-mac de pensée para religieuse, mais ça n’est même pas le cas. De la même façon s’entremêlement les vies, des différents personnages qui évoluent à Hollywood dans des univers qui ne sont pas sensés se rencontrer, en bordure les uns des autres mais qui parfois se croisent plus ou moins brièvement. Cette construction qui fait indéniablement penser à « Short Cuts » (le film de Robert Altman) est judicieusement agencé, pas lourde, ni artificielle. Si ce roman est à charge contre l’usine à rêve ça n’est pas celle d’un éléphant ! Mais celle d’un amoureux dépité, pas amer et qui semble encore avoir un peu de flamme pour sa dulcinée. http://www.sonatine-editions.fr/Tou...
Bertrand Tappaz