lundi 4 octobre 2010
LOCAL BOYS « Whattheclockman » (LP, Decoder Rds / Screaming Apple Rds)
En matière de Rock la Suède semble capable de produire un nombre quasi infini d’excellents faiseurs (International Noise Conspiracy, Dollhouse, Liberator, Backyards Babies…, là je suis sûr que vous pourriez rajouter une liste longue comme la main) De loin en loin le pays propose aussi des groupes totalement unique avec une personnalité incroyable (The Nomads, The Soundtrack Of Our Lives, Hellacopters, Bathory, etc, la liste devrait rester plus maigre, même avec vos ajouts).
Les Local Boys sont le groupe qui est pile entre ces deux grands ensembles.
Et cet album est une bouffée d’air frais incroyable. Entre la tradition Power Pop de la meilleure engeance, mais débarrassée de son passéisme, et, ce que la deuxième vague de la Brit Pop à produit de plus excitant (Arctic Monkeys et Bloc Party) sans le côté putassier.
Voilà un album qui me semble inusable ! Et pour cause je l’écoute depuis sa sortir en 2007 de façon très régulière (je dirai bien une fois tous les deux mois sans exagération). Avec le recul une chose est sûre, son charme ne pâlit pas ! Et même il s’insinue profondément, et ressurgit parfois sous forme du souvenir d’une de ses mélodies du fin fond de mon cervelet. Ce qui évidement me le fait reposer sur ma platine. Un album. Un vrai. Qui combine une collection d’excellentes chansons, et un intérêt de son com-mencement, à son achèvement. Un disque jubilatoire de bout en bout vous dis-je ! Capable de faire ressurgir le soleil de la plus brumeuse des journée de novembre.
http://www.myspace.com/bandlocalboys
http://www.screaming-apple-records.de/
******** SOLITUDE AETERNUS « Hour of despair » (CD, Metal Mind Productions)
Le Doom est un genre où pullule les sous catégories. Ce qui fait qu’on pourrait qualifier Solitude Aeternus de ‘Typical Doom’, ‘Classical Doom’ ou ‘Real natural Doom’ sans dépareiller ni trahir le truc. Certes Solitude Aeternus est une sorte de maître étalon du genre, et un groupe existant depuis la première partie des 80’s (avec cependant une discographie assez maigre, ce qui rend évidement ce live encore plus important). Ils pratiquent un Doom solide, et qui semble basic ! Cependant, si vous monter considérablement le volume, que vous vous laissez entourer / submerger par le son, et que vous plongez dedans, la musique de Solitude Aeternus vous révélera un bien vaste univers. Tirant parfois vers le Psyché et souvent vers les 70’s (mais sans les cliches dont se repaît normalement le genre). Mais intégrant aussi des fragrances moyenne orientale (sans tomber dans le ridicule consommé où se répandent habituellement les tacherons du genre qui se laissent aller à l’exotico folklorique). Avec aussi des choses qui rappellent les dieux du Heavy Metal sans jamais faire place à un des cliches inhérents au truc.
Parfois même Solitude Aeternus est capable d’accélérer ! Et surtout ils sont très loin de l’ombre écrasante de Black Sabbath… et dans le Doom c’est très très très très rare !
Attention cependant, à la première écoute, et durant au moins les deux suivantes, je j’ai trouvé cet album plat et terne, à l’exception du titre d’ouverture. Puis à celui qui le clôture…
Mais maintenant je SAIS !
Cette saleté de disque est dangereux, et que c’est un piège ! Mais il m’est doux d’y être tombé !!!
http://www.myspace.com/solitudeeternal
Et pour une fois que je vous parle de Metal, je vous signale que le chanteur de Solitude Aeternus sur cet album, Robert Lowe a rejoint depuis les légendaires Candlemass. Que le premier album issu de cette collaboration « King of the grey islands » (Nuclear Blast Rds) est une vraie réussite de bout en bout que 3 années d’écoutes répétées me permettent de conseiller sans risques d’erreurs ! Un album qui avait été bien accueillit à sa sortie, mais comme tout en ce monde semble être tombé aux oubliettes trop rapidement.
********* RAD PART n°38 (burninghopes@hotmail.fr) 2 euros port compris Un numéro d’un de mes fanzines préféré (je dois bien en avoir une 15aine chez moi, sur 41 de sortit, ce qui est finalement assez peu). Le fond et la forme m’éclatent terrible !
La forme : du A6 (un A5 plié en deux, soit un quart de page 21 x 29,7) écrit à la main avec une pointe à dessin ce qui donne un résultat très graphique et une grande lisibilité (putain si j’étai tombé dessus avant de commencer mon fanzine en 1989 je ne me serai jamais fais chier à taper des tonnes de pages sur un ordi qui n’avait pas de traitement de texte…). Avec un texte écrit sur le fond blanc de la page. Avec pour rompre le rythme les splendides dessins de Stéphane. C’est dans un style très ‘encré’ à base d’à-plat de noir très présents (pour ceux qui connaissent c’est dans la ligné du travail des frères Hernandez, c’est le seul point de comparaison que je peu vous donner vu que je ne connais rien de rien en matière de BD, underground, ou non)… Des dessins généralement en pleine page qui doivent beaucoup à la photo, aux crobars et à la BD Punk / Hc américaine, et qui l’assume ! Stéphane à une capacité à saisir la beauté d’un visage féminin qui explique sûrement sa grande capacité à tomber amoureux. Car, évidement, son et son style d’écriture voilà ce qui compte le plus pour moi. Il n’y aurait pas de dessins dans Rad Party que ça ne me dérangerai pas (vu mon intérêt pour les ‘arts’ visuels), même si je reconnais que ça le priverai d’une partie de son charme ! Dans ce n°38 la première partie est consacrée à son accident de skate et à sa convalescence… rupture du tendon d’achille = immobilisation totale. Rad Party c’est des tranches de vie. Celle du narrateur, qui donc est entre plusieurs mondes : un boulot et des voisins à la con comme tout le monde, et, ses activités dans la scène Hc / underground. Voilà ce qui est raconté dans ces 160 pages (si j’ai bien compté). Sa vie, ses sentiments intimes, ses dépressions, ses doutes, ses enthousiasmes, ses réflexions sur sa vie, et, les comptes rendus de ses activités (fanzine, expo, tournées, sorties de disques… un pluri activiste comme il y en a encore quelques-uns dans la scène). Sachant que je conchie l’autofiction et que je HAÏS la presse (il faut vraiment trouver un autre qualificatif pour cette merde) people, comment expliquer que j’ai un tel intérêt pour ce type de narration ultra intimiste ?
Sûrement parce que j’ai beaucoup d’affinité avec ce que Stéphane raconte dans Rad Party. Sûrement aussi parce que son dépouillement stylistique l’amène à une vraie vérité (et mon le dépouillement ça n’est pas ce que je pratique). Parce qu’il parle d’un milieu que je connais un peu et de se sentiment diffus d’être coincé en bordure de plusieurs mondes qui ne souhaitent pas vraiment vous accueillir. De l’art délicat d’arriver à 40 ans. « Il nous fallut bien du talent pour devenir vieux sans avoir grandit » disait le grand Jacques (Brel). La deuxième partie de ce n°38 de Rad Party est une sorte de réflexion / flash-back qu’on pourrait sous-titré : 1991 le commencement de la fin, ou la fin du commencement de la scène HC ? Une petite idée de son style d’écriture sur son blog : http://radpartyonlignebis.blogspot.com/ Sinon je ne peux que vous inciter à lire Rad Party, moi je continu avec sa compil de textes issus du fanzine qui est sous titrée ‘Release obsessions’…
Bertrand Tappaz