lundi 6 septembre 2010
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1973 « Bye bye cellphone » (Blonde Music)
Quelle idée de con ce nom de groupe, et + en le mettant en petit et en dessous du titre de l’album (que je trouve, lui, très bon) il y a un risqué que d’autre que moi se trompent.
Donc ce trio parisien s’appel 1973. Pourquoi pas.
Ils produisent une Pop psychédélisante luxuriante et sur arrangée qui lorgne vers le progressif (sans le pompier) et Air. Avec une grosse fascination pour les Beach Boys et leurs successeurs dans la confection d’une Pop malade de son égo et de ses aspirations nouveaux riches. Avec aussi un peu de grandiloquence à la Arcade Fire et de l’irréalité éthérée des grands Mercury Rev. Bref tout pour qu’on les détestent. En tout cas sûrement vous.
Sauf qu’ils ont composé de GRANDES chansons. Des moments de rêves capturés dans des filets constitués de mélotron, banjo, pedal steel, et de gros arrangements de voix… et en plus fait avec un air de ne pas y toucher qui doit rendre fous de rage leurs petits camarades ! Quand j’écoute cet album j’ai l’impression de m’être fait chopé les doigts dans le pot de confiture : c’est mal, mais qu’est-ce que c’est bien !!! Un album très homogène et constant, sans vrais moments faibles, et où chaque chanson chasse la précédente comme étant la meilleure du disque.
********* The MASONS “Rare loud Live” plus tracks from SMALLSTONE (Middle Class Pig Rds / Cargo Rds)
Rock Punk ? Punk Rock ? Garage Rock ? Garage Punk ? Un peu de tout ça à la fois avec d’autres choses encore ? Ben voilà, The Masons ne sont pas facile à rentrer dans une case, même en tassant fort ! Musicalement on peut aussi retrouver dans leur musique un côté Bubble Gum (dans l’acceptation ramonesienne du terme), des relents de Supersuckers. Un peu du Link Wray… 9 titres live & loud comme ils disent, enregistré au Subsonic de Montpellier. Etonnant pour un groupe américain, mais super choix au vu du résultat ! Et ensuite : 4 chansons des Smallstone, plus traditionnellement rock à l’américaine, mais avec une bonne dose d’effets sonores qui les éloignent d’un big Rock à la AC/DC pour les caller entre garage et Power Pop avec un chouilla de Glam et de Psyché.
Pas le disque le plus indispensable de tous les temps, mais deux groupes qui ont le charme du BON ROCK. Comme on aime. Celui qui sent les kilomètres en camion, la sueur, la bière et les disques piqués au grand frère !
Mercredi 3 Novembre : The Masons (Rock ’n Roll, Los Angeles), au Thunderbird Lounge, à Saint Etienne http://www.myspace.com/thunderbird_42 www.myspace.com/masons le lendemain à Toulouse et le 5 novembre au Mojomatic à Montpellier.
http://www.myspace.com/smallstonetx
********* PARANOÏA n°11 (40 p A5, en couleurs, gratuit : www.myspace.com/uncommonboyf... à téléchargé aussi et toujours gratuitement la compilation qui accompagne ce zine, avec des titres de la plupart des groupes interviewés) Le sous titre vous indiquera à quoi vous attendre : ‘Fanzine Label Punk Rock Emo Hard Core Garage Noise. Découvert par hasard, ce zine d’une lecture très agréable grâce à une mise en page avec plein de couleurs et d’illustrations… au sommaire des interviews assez courtes (une à deux pages) de : Teengae Sin Taste, Midway Home, White Card, Ponyboy, Lazy Bastards, Kimberlie & Clark, Taïga, Butterfly patrol, My Secretary, Stetson, 5oclockinthemorning, Cary a Dream, Machine Gun, Rosemary, Effervescence Records, Terrorist Alone, Wake the Dead. Et surtout des excellents Dead Pop Club (dont je ne dirai jamais assez aux fans des Fastbacks, Posies, Weezer, TFC… de se procurer leurs récent et excellent ‘Homerage’ sortit chez Kicking Rds, http://deadpopclub.free.fr ). De la lecture et le son qui va avec, gratuitement, que demander de plus ?
********* Laurence Bloch ‘Trompe la mort’ (Seuil Policier, 363 p, 18 euros, mais ça doit être aussi en poche) Comme préalable il est important de noter que je n’aime pas les histoires de serial killer. Car la majorité sont juste le prétexte pour les romanciers / scénaristes de se permettre une surenchère sans fin dans l’horreur. Bref un truc artificiel pour montrer à quel point on est fort (une sorte de solo de guitare du plumitif). Et puis la réalité c’est qu’en fait ça n’est qu’un épi phénomène dans la criminalité qui est également très clairement circonscrit.
Bref du grand guignol pour jouer à se faire peur à peu de frais, dans un monde où la concurrence est rude, puisque que la Peur est redevenue une méthode de gouvernement universellement utilisée (bienvenu dans un trend de droite).
Deuxième préalable : j’ai une vraie tendresse pour Matt Scudder le privé créé par Laurence Bloch. Sa caractéristique principale est qu’il est inscrit aux A.A. (alcooliques anonymes). Et son combat contre l’addiction nous dispense des histoires de sexe / d’amours foireux qui sont le plus souvent le moteur des intrigues dans lesquelles apparaissent un privé. Laurence Bloch a positionné son privé entre classicisme clairement hérité de Raymond Chandler et renouveau du roman noir (première aventure de Matt Scudder : 1976).
Alors de loin en loin je me fais un ‘petit Scudder’. Dans celui-ci il est entré dans une sorte de préretraite, s’est marié avec sa vieille amie, ils sont propriétaires d’un petit appartement cosy dans un bon quartier de New York et sont membres donateurs de plusieurs grosses institutions culturelles de leur ville. Matt Scudder a perdu sa licence de privé lors de la précédente aventure (pas lue) et ne semble pas pressé ni intéressé de la récupérer. Bref une petite vie pépère pour aller jusqu’à la mort. Une sorte de moment de calme et plénitude douillette pour ce ‘héro du quotidien’ qui à beaucoup bourlingué, trimé, souffert, payé de sa personne, et pour qui atteindre 60 ans est une sorte de miracle. Sauf que…
Un de ses fils lui téléphone pour annoncer que sa première femme est morte d’un infarctus… Certes Scudder avait abandonné 20 ans plus tôt le domicile conjugal et sa famille quand il avait sombré dans l’alcool, mais immanquablement ça fait un choc. Quand on a eut le type de vie de Matt Scudder on pense qu’on va mourir avant les autres, à fortiori avant sa première épouse qui était plus jeune. Bref, un début de roman lent, limite langoureux, qui traduit bien la nouvelle vie ‘retirée’ de Matt Scudder. Puis arrive l’Affaire. Et là le rythme change avec une intrigue qui s’installe progressivement. Et qui commence par montrer comment le privé ce met en chasse (alors qu’il n’a pas de client, ni un début de preuve…). Je n’en dirai pas plus. Mais par rapport aux écrits sur les serial killer ont est loin des standards, tendant au monstrueux, du genre. Et c’est ce qui fait à mes yeux l’un des intérêts de Laurence Bloch, il est toujours proche des références classiques, mais il louvoie pour rester en bordure et trouver son propre chemin.
Donc : encore un bon petit Matt Scudder signé Laurence Bloch qui fait que je vais continué à me délecté de ces romans quand l’envie d’un polar se fera jour…
Bertrand Tappaz