La rubrique de l’expatriée

La rubrique de l’expatriée

La rubrique de l’expatriée

"Your name here" : tempête sous un crâne

samedi 4 octobre 2008

Sélectionné en compétition de l’édition 2008 du Festival du Film du Monde à Montréal, Your Name Here n’y a pas fait grand bruit (normal, tout le monde matait Brad Pitt à Toronto), et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est fort dommage.

Premier scénario recensé à l’actif du réalisateur Matthew Wilder, dont c’est également le premier passage derrière la caméra, Your Name Here propose une mise en images fantasmée de l’imaginaire pour le moins torturé du génial Philip K. Dick, et - ô surprise ! - y parvient réellement. Et ce pour une raison toute simple : Matthew Wilder ne s’est pas contenté de raconter bêtement la vie d’un junkie tentant d’achever son chef-d’œuvre - ce qui n’aurait eu qu’un intérêt mineur - mais tente carrément une exploration de cet esprit malade. Et le mot est faible.

Your Name Here

Le personnage de l’auteur, incarné par un Bill Pullman brillant, prend le nom de William J. Frick. Ce n’est pas un procédé de dissimulation fumeux comme celui que Gus van Sant avait pu utiliser avec le Black/Kurt Cobain de Last Days, mais plutôt un clin d’œil - un peu facile il est vrai - aux apparences trompeuses et aux réalités falsifiées si chères à l’auteur de Ubik. Toutes les réalités se confondent et se répondent les unes aux autres dans Your Name Here, avec brio et avec une confusion qui ne laisse aucune place à l’aspect brouillon qui menaçait le film. On se croirait à vrai dire dans un David Lynch de la grande période (fin 80-début 90), et la présence de Mr Pullman au générique tient presque lieu de citation directe.

A noter, un plaisir savoureux : celui de retrouver la bien aimée Traci Lords, que l’on ne présente plus, toujours aussi ravissante malgré ses lunettes à double foyer, sa perruque paillasson et ses premières rides.

A l’heure où je tape ces lignes, aucune sortie française n’a été annoncée, et le film n’a même pas trouvé de distributeur. Espérons que cet affront sera bientôt réparé à force de tournées de festivals...

Sabine Garcia

Les archives

janvierdécembrenovembreoctobreseptembrejuilletjuinmaiavrilmars

Contacter l'équipe de rédaction : Contact

Réalisé par : Creamama

Les crédits

Accès à l'espace prive