mardi 13 juillet 2010
TEENAGE FANCLUB « Shadows » (PeMa Rds)
Attention à ce disque !
Il parait bon dès la première écoute. Et il l’est ! Le versant Pop psychédélique et naïf des Teenage Fanclub. Avec une bonne dose d’influences sixties et sucrées. Le tout avec un son qui n’est pas vieillot, ni nostalgique, mais franchement actuel. Arrangé mais sans faire choucroute garnie. Notamment beaucoup de violons et d’orgue aussi, qui même avec une prod au scalpel, montrent toujours les chansons de Teenage Fanclub avec une touche frustre / rustique bref rien d’aseptisé, même si c’est très léché. Teenage Fanclub c’est un de ses groupes que j’aime beaucoup beaucoup mais sans hystérie. Donc quand on annonce un nouvel album (surtout après une si longue attente), il y a un mélange de crainte et d’excitation. Mais franchement quel résultat !
Un album hyper cohérents ou chacune de chanson à son propre charme, et qui se paye le luxe de ne pas débuter avec le meilleur titre…
Un album qui fait croire que l’homme est sensible, intelligent et BON. Le disque idéal pour être amoureux, ou mélancolique, bref pour passer le parfait été ! Un album qui permet aussi à l’esprit de divaguer, s’évader vers un monde BEAU et fantasmé.
Entre le moment ou j’ai jeté les bases de la première mouture de cette chronique et le moment où je fini de la taper j’ai beaucoup écouté cet album. Et si je pensais que se serait l’album de l’été, maintenant je sais que c’est l’album de ces 6 premiers mois de 2010 !
http://www.teenagefanclub.com/
********** FRANKENSTEIN 3000 « Where do we go from here » (CD, Main Man Rds)
Une pure découverte grâce à un pote qui m’a file leur album (merci à lui). Ceci est leur 3ème album sortit en 2009, auxquels se rajoutent deux compils de covers, dont la dernière est sortie cette année (en voici la set list histoire que vous situiez la diversité de leur influences : Cheap Trick, The Clash, Wings, The Cars, Warren Zevon, Elvis Costello, David Bowie, The Rolling Stones, AC/DC, Blue Öyster Cult, Black Sabbath, Aerosmith, Big Star, Graham Parker, Fear, Generation X, The Ramones, Iggy Pop, The Professionals, Redd Kross, Hüsker Dü, Supergrass, Buddy Holly, Naked Brothers et MC5). Pour vous dire à quel point je me sens bien dans cet album je vous dirai : imaginez que c’est la canicule (vous y êtes là ?) et que vous flottez dans une piscine où l’on a versé vos eaux préférées : 90’s indie Rock, Power Pop, Garage Punk, Stoner et Rock éternel. Vous me direz qu’un tel mélange devrait rapidement virer au marigot Rock’n’Roll. Et c’est le cas !
C’est ce qui fait le charme cet album, le côté sale et vénéneux, tout en ayant un aspect solaire avec ses chansons lumineuses.
Solide et virile, un peu du Rock de bouseux qui auraient été touché par la grâce ! Comme si les Supersuckers jouaient des compositions d’Elvis Costello. Les Frankenstein 3000 font ici sa fête à une des meilleures chansons de l’irlandais irascible : ‘Green shirt’ et ils ont le talent pour être à la hauteur de l’original, tout en sonnant différemment. Et je crois qu’il y a peu de groupes capables d’un tel exploit ! Ils doivent vraiment être formidable leurs 2 albums de reprises…
http://www.frankenstein3000.com/
********** PARKLIFE 060 (+ CD 6 titres Manson’s Child, 10 euros port compris à Parklife Records, BP90402, 68007 Colmar Cedex, parklife@calixo.net)
Magnifique fanzine, imprimé avec couverture couleur, et une iconographie très réussie. En même temps difficile de faire moins en matière de qualité graphique quand on à un sommaire comme celui-ci : Sordide Sentimental (le label), Pull – Victoria Hall, un long papier sur l’histoire de Factory Rds, et des interviews de The Names et Section 25 pour compléter. Sons des Discos, Antoine B le dessinateur, + un long papier où un petit provincial rocker des années 80 raconte son époque et ses concerts. Interview de Eric T Lurick qui tient le blog http://rock-a-strasbourg.blogspot.com et de Che Che aka Mister X un DJ organisateur de soirée techno / electro / house de la 1ère génération Et un entretient de 6 pages avec Genesis P Orridge. On fini avec une interview de Pierre Mikailoff (écrivain : biographe Rock) + des chroniques de concerts et une courte présentation des Manson’s Child.
Donc justement : MANSON’S CHILD « Monk ? » (CD 6 titres) Un groupe que je découvre grâce à ce CD 6 titres donné avec le fanzine Parklife (alors qu’ils ont déjà sortit 4 albums). Les Manson’s Child se définissent comme ‘Pop Wave’ c’est une étiquette qui en vaut une autre. Effectivement il y a une collision dans leur musique entre une certaine tradition Indie Pop et des sonorités des 80’s. Mais pas seulement il y a aussi des fragrances Noisy Pop sans oublier des trucs qui les font sonner très contemporains.
Bref difficile de les enfermer dans une case. Sur ce mini album ils reprennent Stereolab et ‘12XU’ de Wire. Je ne connais pas la version de Stereolab, mais par contre ils réabillent le tube afin de rentrer parfaitement dedans et c’est très réussit ! Une vraie découverte que ces Manson’s Child qui mérite un bien plus gros intérêt… Je vais regarder comment on récupère leurs autres productions car celle là est vraie savoureuse. http://www.myspace.com/mansonschild http://www.mansonschild.com/
Sinon je vous conseil de regarder et de suivre le parcours de Parklife Rds il y a l’air d’y avoir là des trucs terribles ! Je vais vous en reparler bientôt http://www.myspace.com/parkliferecords
********** KEN BRUEN « Le martyre des Magdalène : une enquête de Jack Taylor » (Folio Policier, 523 pages) Tomber sur la première enquête de Jack Taylor signée Ken Bruen avait été un choc, une révélation. En pleine explosion du ‘Tigre Gaélique’ alors que le pays était en pleine euphorie économique et que la paix régnait enfin sur l’île d’Irlande, il restait des auteurs pour écrire le quotidien de ceux qui voient tout ça se passer devant eux sans pouvoir monter dans le train de cette modernité. Ce (bien nommé) ‘Delirium tremens’ est un roman NOIR est un grand ! Comme après chaque révélation d’un tel talent, la question qui se pose est : va-t-il être capable d’enchaîner ? La réponse est : OUI ! En choisissant de construire une enquête qui a (par la bande) un point de départ historique Ken Bruen montre, sans didactisme ni pédanterie, à quel point l’Irlande a changée. Et comment tout ce qui était issue du vieil héritage catholique est tombé rapidement en décrépitude. Le temps d’une génération à peine. Ce qui inéluctablement laisse certaines personnes (parmi les moins jeunes) perdues et sans repères. Et tout ça ne se fait pas dans la joie. D’autant moins que jack Taylor, le détective, lutte toujours contre son addiction à l’alcool et aux drogues. Le fait que son commanditaire soit un des pontes de la pègre locale à qui il ne peut pas refuser ce service, ne l’aide pas à avoir une meilleure opinion de lui-même. Les rencontres consécutives à une deuxième enquête qu’il accepte en parallèle ne vont pas lui faciliter la vie non plus. Les démons du monde réel rentrent en collision avec les démons de son monde intérieurs ! Un roman NOIR au plein sens du terme. Des chapitres plutôt courts mais sans être secs. Entrecoupés de poèmes (courts, ne fuyez pas comme ça). De plus en tant que fan de livres Jack Taylor se raccroche à la lecture comme seule planche de salut, et, il indique les bouquins auxquels il s’attaque, ce qui m’a parfois donné envie de fouiller les étales et bibliothèques… Deuxième aventure de Jack Taylor que je lis et c’est une nouvelle fois un énorme plaisir ! Maintenant à vous de voir si ça marche aussi pour vous ! En tout cas moi j’ai déjà acheté la suivante. http://www.kenbruen.com/
Bertrand Tappaz